Account: (login)

Are you the publisher? Claim this channel

Search in 126,115,290 RSS articles:

Channel Description:

Ce blog entend rassembler les solutions pour sortir le monde rural de sa relégation géographique et sociale. Il vise à construire un véritable "Bouclier Rural".

Latest Articles in this Channel:

  • 04/06/10--04:54: Urbanisme, services et mobilité en milieu rural : un espace-temps à réinventer (chan 3108322)
  • L'association internationale Ruralité-Environnement-Développement vient de publier une brochure reprenant les contributions à un colloque sur cette question.

    Urbanisme, services et mobilité en milieu rural : un espace-temps à réinventer
    Le visage de la ruralité est aujourd’hui profondément transformé. Les fonctions des zones rurales et les besoins des populations qui les habitent ont fortement évolué. De multiples activités d’artisanat et de services sont venues s’intégrer aux côtés de l’agriculture au sein de l’économie rurale. Les néo-ruraux côtoient les natifs et les résidents secondaires. Ces modifications socioéconomiques ont entraîné un changement dans les besoins et les attentes des populations rurales.

    Paradoxalement, alors que la démographie des villages est souvent dans une dynamique de croissance, l’offre de services dans les campagnes est en déclin depuis plusieurs décennies. Notre société doit faire face à de multiples défis, plus complexes les uns que les autres que ce soit la hausse du coût de l’énergie, les défis climatiques et environnementaux, les crises financières et économiques, les exclusions sociales... Grâce à ses caractéristiques propres, le monde rural peut trouver un nouveau souffle dans ces défis en s’inscrivant comme un des acteurs essentiels des solutions à apporter à ces problématiques.

    Quelles réponses les zones rurales peuvent-elles proposer en matière d’urbanisme durable ? Comment concrétiser une politique des services publics qui tienne compte de la cohésion territoriale autant que des exigences financières ? Comment repenser la mobilité dans les zones rurales en s’inscrivant dans des logiques territoriales et environnementales en phase avec les accords internationaux ?

    C’est à l’ensemble de ces questions qu’est consacrée la brochure : « Urbanisme, services et mobilité en milieu rural : un espace-temps à réinventer » coéditée par la Maison de l’urbanisme Lorraine- Ardenne et l’association internationale Ruralité-Environnement-Développement . La brochure s’articule en trois sections : Réinventer l’urbanisme, Réinventer les services et Réinventer la mobilité. Cette publication est basée sur les interventions de la dixième conférence interrégionale coorganisée par les deux associations en novembre 2009. La brochure présente des solutions issues de Lorraine (F), de Rhénanie-Palatinat (D), du Grand-Duché de Luxembourg et de la Région Wallonne (B) qui allient créativité et innovation en réponse aux problématiques majeures de la vie rurale contemporaine que sont un urbanisme inadapté, le déclin de l’offre de services et les carences en matière de mobilité.

    Cette brochure est disponible sur demande auprès de la Maison de l’urbanisme Lorraine-Ardenne et de l’association internationale R.E.D. (6 € pour la Belgique et 8 € pour l’étranger, frais de port inclus).

    Pour vous procurer la brochure : http://www.ardenneweb.eu/reportages/2010/la_ruralite_se_reinvente

    Le site de l'association internationale Ruralité-Environnement-Développement : http://www.ruraleurope.org/


  • 10/20/10--01:10: Quand l’automobile, objet de liberté, devient objet de dépendance. (chan 3108322)
  • Premiers résultats de l’enquête des "Ainés ruraux"

    Quand l’automobile, objet de liberté, devient objet de dépendance.
    Entre 500 et 900 personnes ont déjà répondu aux différentes questions de, l'enquête lancée par "Les Aînés ruraux". Les résultats permettent de dresser un premier panorama concernant les questions liées à la mobilité et aux transports.

    76 % des répondants ont entre 61 et 75 ans, avec une majorité de femmes (53%). Cadres et professions intellectuelles supérieures, professions intermédiaires et employés sont les plus représentés. Environ 64%, vivent dans les communes entre 300 et 5000 habitants. Les revenus annuels nets de la moitié des répondants entre 12 600 € et 34 600€ (soit 2 fois le SMIC au maximum). Il s’agit pour une immense majorité de répondants de responsables de l’association.

    Trois personnes sur quatre (74%) déclarent ne pas se sentir isolées géographiquement, pour beaucoup, leur voiture représente « l’outil-phare » de garantie d’une vie sociale.
    68% affirment qu’il existe une desserte de transport en commun sur leur canton. Pour près de la moitié de répondants le premier arrêt de transport est à 500 m du domicile. Pour une personne sur dix, il se situe à plus de 5 km.
    59%) affirment ne jamais utiliser les transports malgré une desserte plus ou moins proche. Seulement 3% des enquêtés déclarent les utiliser tous les jours ou régulièrement.

    Les transports en commun ne sont pas utilisés car 69% des répondants disposent d’un véhicule personnel. Seule une personne sur dix déclare que les horaires ne lui conviennent pas (soit 12%). Et 7% des personnes n’utilisent pas les transports en commun car les destinations ne leur conviennent pas.

    « Le véhicule personnel représente plus qu’une substitution forcée aux transports publics » L’enquête confirme la place centrale de la voiture personnelle dans les déplacements des aînés ruraux. Mais cette prévalence s’avère pour le tiers des répondants, davantage liée au symbole de liberté et d’autonomie individuelle que représente la voiture qu’au manque ou à l’inadéquation des transports en commun.

    Paradoxe. "L’accession à l’automobile a d’abord constitué, le moyen d’un choix de type d’habitat plus qu’un moyen de transport, explique Jean Pierre Orfeuil, statisticien et chercheur à l’INRETS (Institut National de Recherche sur les Transports et leur Sécurité). Et, la voiture n’a pas amené à une diminution des temps de trajet, mais à une augmentation des distances parcourues. Les individus ont fait le choix d’habiter plus loin (…). C’est donc l’automobile, et l’aptitude à conduire qui a conditionné le choix d’habiter dans des zones plus isolées. Mais avec l’avancée en âge, et l’augmentation de la perception du risque de voir cette aptitude à la mobilité anéantie, les distances recommencent à poser problème. En faisant ces choix d’habitat, la liberté qu’offrait l’automobile s’est mécaniquement transformée en dépendance à ces pratiques et aptitudes à la mobilité.
    C’est ainsi, faute d’usagers que les transports en commun ont disparu des territoires ruraux.

    L’un des enjeux pour les aînés ruraux pourrait être d’inverser le processus qui a fait passer l’automobile d’un objet de liberté à un objet de dépendance, sans pour autant remettre en cause les choix d’habitat faits grâce à elle concluent, ces premiers résultats d’enquête.

    L'intégralité du rapport

    Le site des Aînés ruraux


    Source


  • 02/08/12--00:35: Rapport sur les nouvelles mobilités dans les territoires périurbains et ruraux (chan 3108322)
  • Le Centre d'analyse stratégique vient de publier son rapport : "Les nouvelles mobilités dans les territoires périurbains et ruraux".

    Rapport sur les nouvelles mobilités dans les territoires périurbains et ruraux
    Nous sommes aujourd’hui confrontés dans nos déplacements à de multiples enjeux : la congestion dans les grandes villes, le changement climatique, le renchérissement des prix de l’énergie qui pèse sur le budget de ceux qui sont obligés de se déplacer en voiture et les considérations liées à l’équité sociale. Ce constat confirme l’urgence de repenser la place de l’automobile dans notre société.

    Si notre système automobile ne peut plus être considéré comme durable sous sa forme actuelle, c’est d’abord parce que le mode d’usage de l’automobile est incompatible avec les exigences énergétiques et environnementales. Les émissions de gaz à effet de serre du transport ont augmenté de près de 20 % depuis 1990 ; notre parc automobile a doublé en une trentaine d’années, de même que nos déplacements en voiture ; notre mode de consommation et d’utilisation de l’automobile n’est pas exportable dans les pays émergents.

    En outre, le modèle automobile accentue dans certains cas la fragilisation des populations défavorisées, notamment si l’on prend en compte la perspective d’une croissance des coûts de l’énergie. Nous sommes confrontés à une spirale de la dépendance automobile. Cette spirale tend à exclure certaines catégories de personnes : les handicapés, les personnes âgées, les enfants, les adolescents et, naturellement, les ménages les plus défavorisés. Il faut donc offrir des alternatives aux territoires à faible densité, comme les territoires périurbains et ruraux. Le développement de services de mobilité à un prix raisonnable, peu sensibles aux crises et accessibles au plus grand nombre constitue pour nous tous un défi majeur.

    L’organisation de nos territoires et de nos modes de vie ne doit donc plus être déterminée par l’usage exclusif de l’automobile. Il s’agit de penser la mobilité autrement pour faciliter l’organisation de territoires et de modes de vie soutenables, pour trouver de nouvelles marges d’adaptation, pour offrir des solutions de mobilité à tous.

    Le système automobile sera confronté dans le futur à plusieurs ruptures, déjà en œuvre pour certaines :

    - la voiture ne fait plus autant rêver, notamment les jeunes générations. Aujourd’hui, beaucoup de Français semblent prêts à la louer ou à la partager plutôt qu’à l’acheter.Dès lors, la notion de service et d’usage prendra une place de plus en plus importante et entraînera sans doute un nouveau partage de la chaîne de la valeur dans l’automobile ;

    - les applications de la révolution numérique, qui conduit à être connecté à la toile à tout moment, en tout lieu et avec n’importe quel appareil, n’en sont qu’à leurs débuts dans le domaine des des transports ;

    - une génération de véhicules entièrement électriques ou hybrides se développe et offre de nouvelles possibilités qui doivent être exploitées en fonction de leurs performances réelles et de leur autonomie, qui devrait progresser dans les prochaines années ;

    - enfin, le rôle de l’initiative locale, en particulier issue des collectivités territoriales, sera de plus en plus important à l’avenir.

    Notre mobilité future ne proviendra pas d’une seule innovation, mais de la diffusion conjuguée et socialement acceptée de plusieurs d’entre elles. Si le rapport du Centre d’analyse stratégique sur les nouvelles mobilités avait pu envisager un certain nombre de solutions pour la mobilité en ville ou dans l’urbain proche, les solutions sont nettement plus complexes à définir pour les territoires ruraux et périurbains : leur étendue géographique et le manque d’efficacité des transports collectifs qui en résulte conduisent à y privilégier de manière quasi-exclusive le mode automobile.

    Envisager le devenir de la mobilité sur ces territoires à faible densité de population méritait donc une attention particulière. C’est pourquoi j’ai souhaité que soit conduite
    une réflexion prospective spécifique.

    À l’issue de travaux menés par le Département Développement durable du Centre d’analyse stratégique pendant plus d’un an, le présent rapport propose des pistes et modalités d’actions conciliant l’environnement et la mobilité pour tous et tenant compte du prix de l’énergie. Les six recommandations présentées sont réalisables moyennant une dépense publique modeste et un effort important d’information et de concertation avec les habitants.

    Lire le rapport

    Centre d'analyse stratégique, le 7 février 2012


  • 02/11/12--01:02: "La ruralité pâtit d'un manque de connaissance et de reconnaissance" (chan 3108322)
  • Un entretien avec Vanik Berberian, président de l'Association des maires ruraux de France.

    Ils ne veulent plus être les parents pauvres de l'organisation territoriale en France. Mercredi 8 février, les maires ruraux ont adressé aux candidats à l'élection présidentielle un document fixant dix priorités pour la ruralité. "Nous souhaitons entendre les candidats sur ces propositions, et surtout les voir passer à l'acte, et non pas les oublier une fois l'élection passée", explique Vanik Berberian, président de l'Association des maires ruraux de France et maire MoDem de Gargilesse-Dampierre (Indre), qui déplore "une absence de volonté politique, depuis des années, pour intégrer la ruralité à l'aménagement du territoire".

    Quelles sont les difficultés que rencontrent aujourd'hui les zones rurales ?

    Les territoires ruraux sont confrontés à un manque de connaissance et de reconnaissance de la part de l'Etat. Ils sont traités avec une lecture urbaine et technocratique. Conséquence : ces zones souffrent depuis longtemps d'une absence d'aménagement du territoire qui se traduit dans tous les secteurs. Concernant la mobilité, indispensable au travail aujourd'hui, les habitants des zones rurales sont confrontés à une double peine : ils n'ont pas accès aux transports collectifs, trop chers pour des densités de population parsemées, et doivent payer un carburant au coût prohibitif. La solution serait d'utiliser les TER, mais avec les nouveaux cadencements, la SNCF a supprimé de nombreux arrêts dans des petites gares pour privilégier les longues distances.

    Même constat en ce qui concerne les nouvelles technologies : le très haut débit est concentré dans les zones urbaines. Dans les zones périurbaines, les habitants peuvent encore avoir accès à du haut débit (512 Ko), mais au-delà, dans les zones rurales, il n'y a souvent plus de réseau du tout. Du côté de la santé et de l'éducation, on observe aussi un regroupement de l'offre médicale dans les pôles urbains, de même que pour les groupes scolaires, concentrés dans les chefs-lieux de canton.

    Nous militons donc pour une meilleure prise en compte de la spécificité des territoires ruraux dans les politiques publiques, qui passe par le maintien de l'activité dans certains cas et son développement dans d'autres.

    Comment peut-on davantage intégrer la ruralité à l'aménagement du territoire ?

    Il manque avant tout une véritable volonté politique. Le président de la République en a fait le constat lors d'une réception avec les maires de France en 2009, lorsqu'il avait reconnu que l'aménagement du territoire était un "caillou dans [son] soulier". Mais depuis, il ne s'est pas passé grand-chose. Il y a seulement eu un éphémère ministère de l'aménagement du territoire, dirigé par Michel Mercier, qui a disparu avec le remaniement ministériel de 2010. Aujourd'hui, ces problématiques sont rattachées au ministère de l'agriculture, ce qui montre une méconnaissance de ce sujet et une approche bancale. Les territoires ruraux sont loin d'être seulement des territoires agricoles. L'aménagement du territoire englobe en effet aussi la question de la cohérence et de la complémentarité entre l'urbain et le rural. Tout cela n'est pas abordé par le ministère de l'agriculture de Bruno Le Maire.

    Nous demandons donc la mise en place d'une mission interministérielle sur la ruralité, qui touche tous les domaines, qu'il s'agisse de l'éducation, de la santé, du développement économique ou de l'agriculture. Cette problématique doit par ailleurs être intégrée dans une vision de long terme et pas seulement avant les élections, lorsque les candidats cherchent des parrainages.

    Quelles sont les principales priorités que vous fixez aux candidats à la présidentielle ?

    La principale des priorités, c'est le développement du très haut débit sur l'ensemble du territoire avant la fin du prochain mandat présidentiel, soit en 2017 au lieu de 2025 comme prévu. Il ne peut en effet pas y avoir de développement en zone rurale, ni même de maintien de l'activité, sans cet équipement.

    Nous souhaitons aussi que la charte des services publics en milieu rural, signée en 2006, devienne contraignante. Aujourd'hui, elle n'est en effet pas appliquée. Par exemple, elle prévoit qu'en matière d'éducation, les élus soient informés d'une fermeture de classe deux ans avant, et que la décision soit accompagnée d'une étude d'impact, ce qui est rarement le cas.

    Nous demandons aussi une rénovation de la politique de l'habitat, pour inciter les populations à réinvestir les cœurs de villages et limiter l'étalement urbain dans des lotissements qui accaparent des terres agricoles. Enfin, l'accent doit être mis sur la vie associative, qui souffre de moyens, et l'égalité de traitement entre les élus urbains et ruraux. Aujourd'hui, pour toutes les dotations de l'Etat aux collectivités, l'urbain reçoit deux fois plus que le rural. Nous en avons ras-le-bol d'être considérés comme des demi-portions.

    Propos recueillis par Audrey Garric, Le Monde, 8 février 2012